Tunisie – Voilà pourquoi Fakhfakh ne pouvait pas passer avec Ennahdha‎

La dĂ©cision d'Ennahdha de quitter et de faire tomber le gouvernement de Fakhfakh, a Ă©tĂ© annoncĂ©e aujourd'hui, Ă  trois heures de la prĂ©sentation officielle de sa composition. Mais ce qu'…

La décision d’Ennahdha de quitter et de faire tomber le gouvernement de Fakhfakh, a été annoncée aujourd’hui, à trois heures de la présentation officielle de sa composition. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que cette décision est loin d’avoir été prise aujourd’hui.

Elle a, en effet, été prise le jour même où Fakhfakh a été chargé par Kaïs Saïed de former le gouvernement. Et si Le Cheikh a mis Fakhfakh dans son collimateur, ce n’est point pour sa personne, ni pour son idéologie, ni pour aucune autre chose qui le concerne. Si Le Cheikh a décidé de s’opposer à la formation du gouvernement par Elyes Fakhhfakh, c’est, tout simplement, parce qu’il a été choisi par Kaïs Saïed. Et, comme il est désormais connu, le Cheikh et Kaïs Saïed sont loin d’être les meilleurs amis du monde. De ce fait, le Cheikh ne pouvait pas, mais, alors, surtout pas, prendre le risque de se retrouver face à un front redoutable formé par Kaïs Saïed, un gouvernement qui lui est acquis, avec en prime, ses ennemis de toujours, les hommes de la gauche du courant démocratique et du mouvement Echaâb. Avec ce scénario, le Cheikh était quasiment assuré qu’il n’allait pas pouvoir faire long feu et qu’il allait être attaqué par cette alliance, de façon à ce qu’il ne pourra, même, pas, terminer son mandat si chèrement acquis, à la chaire de l’ARP.

D’ailleurs, pour confirmer cette thèse, le discours tenu par Ghannouchi, ce samedi, aux membres du conseil de la Choura était on ne peut plus explicite. Ghannouchi s’est adressé au conseil avec son air paternaliste habituel. Il leur a joué le rôle du patriarche humilié, malmené, dénigré, pour remuer chez eux le sentiment d’appartenance au clan. Ensuite, il leur a expliqué que Fakhfakh n’a pas été correct avec lui, ni avec le parti. Il a ajouté qu’il craignait pour le parti de cette proximité affichée entre Fakhfakh et Kaïs Saïed, et pressentait qu’ils vont se retourner contre les islamistes à peine le gouvernement mis en place, et qu’ils seront, forcément, aidés par le courant démocratique et le mouvement Echaab. Il a conclu, qu’il fallait, donc, à tout prix, casser ce front auquel ils vont faire face, quitte à revenir à des élections anticipées, qui constitueraient un moindre mal, par rapport au risque qu’ils courraient s’ils mettaient leur destin entre les mains de cette « clique ».

La vraie raison du refus d’accorder la confiance au gouvernement d’Elyes Fakhfakh réside, donc, dans le fait qu’il ait été désigné par Kaïs Saïed. Celui-ci aurait désigné n’importe qui d’autre, çà n’aurait rien changé à la donne, à moins que Saïed ait eu la merveilleuse idée de désigner un proche des islamistes.

Mais il faut reconnaitre, aussi, que Fakhfakh est pour beaucoup dans son Ă©chec. Car, en dehors du fait qu’Ennahdha allait, de toutes les façons, lever contre lui le vĂ©to, il a très mal conduit les nĂ©gociations dès le dĂ©but. Puisqu’il a commis l’imprudence de livrer toutes ses cartes au Cheikh, qui, doit-on le rappeler, a tenu Ă  nĂ©gocier avec lui, en personne. Ce qui fait que celui-ci a eu tout le loisir de le laisser venir, pour le contrer Ă  chacune de ses propositions. Fakhfakh en est, mĂŞme, arrivĂ© Ă  lui accorder huit portefeuilles, autant qu’ils avaient eu du temps de la TroĂŻka, mais il n’y avait rien Ă  faire, toutes ses propositions allaient ĂŞtre rejetĂ©es, une Ă  une, jusqu’à ce qu’il jette l’éponge ou que les dĂ©lais constitutionnels arrivent Ă  terme.

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tunisienumerique

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