Sidi Bouzid : Aïn Maddour, le village où les conditions de vie demeurent très difficiles



Sidi Bouzid : Aïn Maddour, le village où les conditions de vie demeurent très difficiles

A Aïn Maddour, un douar (village) rattaché à la délégation de Jelma (gouvernorat de Sidi Bouzid), vivent une cinquantaine de familles dans des conditions très difficiles.

Cette localité, limitrophe du Mont Mghila, est proclamée, à l’instar des localités avoisinantes (douar de Slatnia, douar Khdhaouria, Ain Jaffel et douar Blehdia), zone militaire fermée.

Dans cette zone, plusieurs agents de la garde et de l’armée nationales sont tombés en martyr lors d’affrontements avec les terroristes retranchés au Mont Mghila ou suite à l’explosion de mines enterrées dans le sol par ces assaillants.

Pour accéder à Douar Ain Maddour, une équipe de journalistes de l’agence TAP, a été escortée par une unité de l’armée nationale afin d’assurer leur sécurité.

Mais il a fallu plus d’heure et demi de route pour arriver à Ain Maddour depuis Sidi Bouzid, en traversant la ville de Lessouda en direction de la route régionale n°3 avant de retrouver la voie, une piste rurale non aménagée le long de 25 kilomètres, qui mène à cette localité.

“Le douar est isolé. Pas de routes bitumées. Pas d’opportunités de travail. On vit dans des conditions très difficiles”, souligne Taher Jaffeli, l’un des habitants.

Pour sa part, Zina Ghorbel, ancienne ouvrière agricole âgée de plus de 70 ans, déplore la marginalisation d’Ain Maddour et le manque d’horizon pour ses jeunes dont nombreux sont des diplômés en chômage.

“Je me déplace chaque fois à Sfax à la recherche d’un travail car ici à Ain Maddour les opportunités d’emploi sont inexistantes”, a indiqué Mnaouer Jaffeli, ouvrier de chantier.

Il a ajouté que “plusieurs femmes du Douar sont contraintes de faire quotidiennement plus 70 Km de route d’aller travailler dans les environs de Sidi Bouzid contre 10 dinars par jour”.

Tout visiteur peut facilement remarquer l’absence de grandes activités à constater à Ain Maddour. Ici, les habitants gagnent leur vie de la production du miel et du charbon, la distillation de l’huile et l’élevage de bétail.

Hédi Souissi, agriculteur, et Afif Souissi, producteur de miel, appellent les autorités régionales à les aider pour commercialiser leurs produits surtout face à l’absence de moyens d’exposition ou de transport de leurs marchandises.

Pour Omheni, la montagne représente une source d’espoir pour les habitants de Douar Ain Maddour. Elle est source de travail, nourriture, élevage, production du charbon mais depuis sa proclamation zone tampon, les opportunités de gagner sa vie sont de plus en plus rares dans la région, a-t-elle regretté.

“Les autorités régionales ont élaboré un plan d’actions pour accompagner les habitants des zones montagneuses, menacés du terrorisme”, a affirmé Mohamed Sedki Bouaoun, gouverneur de Sidi Bouzid.

Par ailleurs, il a précisé, à l’agence TAP, que l’aménagement d’un tronçon d’un kilomètre qui relie l’école au daour d’Aïn Maddour est inscrit dans le programme régional du développement 2020, précisant que les travaux débuteront vers le mois de janvier prochain.

Une enveloppe moyennant 7 millions de dinars a été allouée par le ministère de la défense nationale pour l’asphaltage de la route reliant Mont Mghila au gouvernorat de Kasserine sur une distance de 25 kilomètres dont les voies menant à Aïn Jaffel et Aïn Maddour, a-t-il dit.

“Près de 100 mille dinars seront alloués au profit de 25 femmes à Ain Maddour pour les aider à créer des sources de revenus ainsi que des carnets de soins gratuits seront remis aux familles nécessiteuses”, selon la même source.


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