Dans sa quête d’indépendance énergétique, la Tunisie a besoin de nouveaux gisements de gaz‎

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“Pour atteindre l’indĂ©pendance Ă©nergĂ©tique, il faut trouver de nouveaux gisements de gaz ou de pĂ©trole pour augmenter la productivitĂ©”. C’est ce qu’a soulignĂ©, jeudi 20 juin 2019, Moncef Harrabi, PDG de la SociĂ©tĂ© tunisienne d’électricitĂ© et du gaz (STEG), en marge du forum franco-tunisien sur les Ă©nergies renouvelables qui se tient Ă  Tunis.

Il a fait remarquer que l’électricité produite provient actuellement à 100% du gaz naturel dont une grande quantité est importée.

A ce titre, il a ajoutĂ© que le projet du transport du gaz du Sud “projet du champ Nawara”, actuellement en phase finale, entrera en exploitation au cours de cet Ă©tĂ© et permettra de rĂ©duire de manière importante les importations nationales en gaz naturel et d’aller vers l’indĂ©pendance Ă©nergĂ©tique.

Mais “il faut aussi chercher d’autres solutions comme le dĂ©veloppement du marchĂ© d’électricitĂ© maghrĂ©bin et le renforcement des interconnexions avec l’Europe “, estimant que l’interconnexion entre la Tunisie et l’Italie est une clĂ© importante pour l’échange d’électricitĂ©.

En outre, le PDG de la STEG a souligné la nécessité de travailler sur l’efficacité énergétique et d’optimiser notre consommation indiquant que les Tunisiens consomment de manière abusive les énergies primaires.

“Il faut aussi une infrastructure qui va accompagner les Ă©nergies renouvelables pour dĂ©velopper le taux d’intĂ©gration des projets comme la station de pompage et de turbinage (au nord- ouest) dont le coĂ»t d’investissement s’élève Ă  environ 600 millions d’euros”, a-t-il indiquĂ©.

Pour sa part, Riadh Berjab, directeur général de l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME), a rappelé que la Tunisie a fixé comme objectif, à l’horizon de 2030, de réduire sa demande énergétique de 30%.

Pour ce faire, des objectifs à court et long termes ont été fixés. Sur le court terme, la Tunisie projette d’atteindre une capacité additionnelle de l’ordre de 1 900 MW vers 2021 dans les différents régimes (concessions, autorisations, autoproduction et réalisations de la STEG).

D’après Berjab, le coĂ»t d’investissement de ce programme est de l’ordre de 6 milliards de dinars.

” Le point fort de ce programme c’est qu’il sera rĂ©alisĂ© Ă  travers des investissements privĂ©s Ă  hauteur de 80%, ce qui permettra de soulager les finances publiques et de dynamiser le secteur privĂ© “, a-t-il dit.

Il a, par ailleurs, affirmé qu’un programme prioritaire d’efficacité énergétique a été approuvé par le gouvernement permettant des investissements de l’ordre de 2 milliards de dinars sur 5 ans pour un potentiel d’économie d’énergie de 1 000 GWh par an.

De son cĂ´tĂ©, Tahar Achour, expert international en Ă©conomie d’énergie et Ă©nergies renouvelables, a soulignĂ© que le forum franco-tunisien est une osmose entre des investisseurs français de la rĂ©gion RhĂ´ne Alpes et des investisseurs tunisiens pour essayer d’aller ensemble sur des projets en matière d’Ă©nergies renouvelables en Tunisie puisque le train des Ă©nergies renouvelables a bien dĂ©marrĂ©.

” Faire du renouvelable essentiellement du photovoltaĂŻque demande beaucoup d’argent et donc aller ensemble investisseurs tunisiens et français c’est plus facile et ça permet aux investisseurs tunisiens de bĂ©nĂ©ficier de l’expĂ©rience française notamment dans les grands projets Ă©nergĂ©tiques “, a-t-il estimĂ©.

Tahar Achour indique qu’actuellement les investisseurs dans ce domaine sont de plus en plus nombreux et les banques sont de moins en moins réticentes et octroient des crédits.

Concernant le gaz de schiste, l’expert a soulignĂ© l’importance d’identifier d’abord le potentiel. ” Si les rĂ©serves sont importantes, il faut y aller rapidement “, a-t-il dit, prĂ©cisant que pour les problèmes liĂ©s Ă  la pollution, il existe aujourd’hui des technologies modernes et sophistiquĂ©es pour extraire ce gaz emprisonnĂ© dans la roche calcaire sans faire du mal Ă  la nappe phrĂ©atique.

Achour a indiqué que la Tunisie qui est déficitaire en énergie d’environ 50% peut atteindre son indépendance énergétique par l’économie d’énergie, l’efficacité énergétique, le développement du renouvelable et la facilitation des procédures administratives.

Organisé par ASTRA (Association pour la promotion des relations économiques tuniso-Rhone-alpines) en collaboration avec la STEG et la FIPA, le forum est dédié à l’échange et l’information franco-tunisienne sur le thème des énergies renouvelables en Tunisie suivie de rencontres B2B durant le Tunisia Invest Forum (TIF) organisé à Tunis les 20 et 21 juin.

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