WWF : Dans 10 ans, toutes les plages en Tunisie seront polluées par le plastique…‎

Toute la Tunisie s'Ă©croule sous des millions de tonnes de plastique. D'ailleurs, des chiffres publiĂ©s au dernier rapport du Fonds Mondial pour la nature (World Wildlife Fund / WWF) paru en j…

Toute la Tunisie s’écroule sous des millions de tonnes de plastique. D’ailleurs, des chiffres publiés au dernier rapport du Fonds Mondial pour la nature (World Wildlife Fund / WWF) paru en juin 2019 montrent que 20% de la totalité des déchets plastiques produits en Tunisie sont rejetés dans la Nature…

Ce type de déchets constitue un vrai problème national et pour cause, la pollution plastique cause, d’après le rapport, une perte annuelle considérable à l’économie nationale de l’ordre de 20 millions de dollars soit l’équivalant de 58 millions de dinars.

Le rapport reproche à la Tunisie que les autorités ne disposent pas d’une politique de gestion des déchets. Vu le risque de ce fléau, Le WWF insiste sur l’importance du lancement de campagnes continues de sensibilisation.

Toujours, d’après le Fonds mondial pour la nature, même si la production de plastique est négligeable en Tunisie par rapport à d’autres pays méditerranéens, la Tunisie occupe la quatrième place dans la consommation de produits en plastique. C’est ainsi que la Tunisie enregistre, à ce titre, des pertes économiques considérables.

Le rapport indique qu’une faible partie de tous les déchets est recyclée, d’autre demeure non collectée et le reste afflue à la mer méditerranée. Sachant que 80% de la pollution qui est d’origine marine revient pratiquement dans les terres. Il est évident donc que dans une dizaine d’années toutes les plages et les bords seront pollués. Ces déchets de plastique affectent essentiellement et avant tout la nature et nuit à la santé.

Selon le WWF, les effets de la pollution plastique sont inquiétants. Ils touchent d’abord la chaîne alimentaire et donc le contenu des assiettes des consommateurs. Le plastique constitue également un problème au niveau des sols et sédiments mais aussi des plantes.

Par ailleurs, et en vertu d’un dĂ©cret signĂ© en janvier dernier, Ă  partir du mois de mars 2020, la production, la distribution, l’importation et la dĂ©tention de tous les types de sacs en plastique Ă  usage unique avec ou sans anses intĂ©grĂ©es ou ajoutĂ©es et fournis gratuitement, ou avec une contrepartie au consommateur dans les points de vente et locaux commerciaux, sera interdite.

Le ministère des Affaires locales et de l’environnement a annoncĂ© que ce dĂ©cret sera concrĂ©tisĂ© par Ă©tape Ă  partir du 1er mars 2020 pour les espaces commerciaux et les pharmacies, et Ă  partir du 1er janvier 2021 pour les producteurs et les fournisseurs de sacs en plastique. Annuellement, les Tunisiens utiliseraient près d’un milliard de sacs en plastique, dont 315 millions distribuĂ©s par les grandes surfaces.

Néanmoins et en l’absence d’une stratégie nationale claire de lutte contre le plastique, le fléau de la pollution par cette matière fera au fur et à mesure des ravages, certes, irréversibles.

D’après les expériences réussies, une stratégie efficiente repose, généralement, sur plusieurs axes dont notamment la réduction de la production et la consommation de plastiques, le développement du réemploi en favorisant la réutilisation des produits et l’émergence de systèmes de consigne pour réemploi et l’assurance 100% de recyclabilité des plastiques.

Il est à signaler que la gestion des questions environnementales s’est considérablement détériorée depuis 2011, surtout en raison des grèves dans la filière de la gestion des déchets, selon le rapport de la Banque africaine de développement (BAD) sur « les perspectives économiques » pour l’année 2016, qui souligne que les autorités peinent par ailleurs, à faire appliquer la loi.

Dans la note d’orientation 2016-2020, le coût de la dégradation de l’environnement en Tunisie est estimé à 2,7 % du PIB. La Constitution garantit dans son article 45 « le droit à un environnement sain et équilibré et la participation à la protection de l’environnement ». Il incombe à l’État, selon la BAD, de fournir les moyens de lutter contre la pollution. Toutefois, la création d’une instance de développement durable et de la protection des droits des générations futures prévue par l’article 126 n’est toujours pas effective.

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tunisienumerique

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