Tunisie : Le solde du Trésor couvre, à peine, 8 jours des dépenses courantes de l’Etat…‎

Le gouvernement martèle depuis un certain temps, que les finances du pays se sont sensiblement amĂ©liorĂ©es, compte tenu de la baisse du dĂ©ficit budgĂ©taire, la « reprise » du taux de change du Dinar, l&…

Le gouvernement martèle depuis un certain temps, que les finances du pays se sont sensiblement amĂ©liorĂ©es, compte tenu de la baisse du dĂ©ficit budgĂ©taire, la « reprise » du taux de change du Dinar, l’amĂ©lioration des rĂ©serves en devises, ainsi que de la relance importante du pouvoir des citoyens…

En revanche, les statistiques de la Banque centrale de Tunisie (BCT) publiĂ©es vendredi 14 fĂ©vrier 2020, montrent que le solde du compte courant du trĂ©sor est d’environ 848 Millions de Dinars (MD), ce qui couvre, Ă  peine, 7.8 jours des frais de gestion de l’Etat – sans tenir compte des frais d’équipement.

Les frais de gestion en question englobent selon le budget de l’Etat au titre de l’exercice 2020, les dépenses salariales (19030 MD), les frais de fonctionnement des services de l’administration (1683 MD), les interventions et les transferts sociaux y compris les subventions aux produits de base (7050 MD) et le service de la dette publique (11678 MD), soit un total de 39441 MD.

Dans le mĂŞme contexte, les donnĂ©es de « Tunisie Clearing », qui est l’organe dĂ©positaire central des titres et gestionnaire du système de règlement/livraison des titres rĂ©gi par la loi 94/117, indiquent que les fonds des institutions financières injectĂ©s dans le TrĂ©sor public jusqu’Ă  fin dĂ©cembre s’Ă©lèvent Ă  13777.4 MD.

Ces donnĂ©es montrent que le montant des souscriptions, c’est-Ă -dire les emprunts des banques sous forme de placement en bons de TrĂ©sor Ă  court terme s’élèvent Ă  436,2 millions de dinars et que les placements en bons de trĂ©sor assimilables ont atteint 13341,2 millions de dinars avec taux d’intĂ©rĂŞt de 7,5%.

Ces indicateurs rĂ©vèlent un paradoxe qui nĂ©cessite une analyse prĂ©cise. La première conclusion est que les institutions financières ont allouĂ© une part très importante de leurs fonds Ă  l’État au dĂ©triment de leur rĂ´le naturel de financement de l’économie.

De plus, des taux d’intĂ©rĂŞt Ă©levĂ©s signifient que cette opĂ©ration est devenue exceptionnellement rentable pour les banques, sachant que le montant Ă©levĂ© des prĂŞts indique une consommation importante de leur liquiditĂ©. En effet, les banques connaissent depuis des annĂ©es une pĂ©nurie chronique de liquiditĂ© (11 Milliards de Dinars, Ă  la fin de cette semaine) jugulĂ©e par les opĂ©rations de refinancement monĂ©taire. C’est un problème qui contribue Ă  l’inflation et constitue ainsi la principale raison de la chertĂ© de vie dans le pays.

La deuxième conclusion est que le gouvernement gère la trésorerie sans créer de réserves qui devraient, selon les normes internationales, couvrir une période de quatre-vingt-dix jours au moins pour affronter aisément les dépenses publiques et les dépenses imprévus.

Ă€ la lumière de ces indices, on peut dire que la gestion du TrĂ©sor public s’est malheureusement transformĂ©e en gestion au jour le jour loin de toute politique prĂ©voyante et rĂ©flĂ©chie.

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Source
tunisienumerique

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